Jus Politicum, revue de droit politique.

Gaëlle Demelemestre

Der Prozessgedanke Carl Joachim Friedrich: eine dynamische Konzeptualisierung der politischen Institution.

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Themen : Demokratie - constitutionnalisme - Souveränität - Freiheit - Föderalismus/Bundestheory

Die Kenntnisgründung und die Kritik des Instruments, das zur Gewinnung dieser Kenntnis beigetragen hat sind nicht voneinander zu trennen. Und bestimmte Realitäten können manchmal unbemerkt bleiben, weil die intellektuellen Modelle, die Ereignisse zu entschlüsseln machtlos sind. Die entscheidende Lehre Carl J. Friedrich besteht darin, das Begriffsinstrument zu suchen, das keinen Zustand, sondern eine Dynamik zu ergreifen erlaubt. Indem er die politischen Institutionen langfristig in ihrer Vielheit dank des Konzepts vom Föderationsprozess erneut liest, liefert er ein tiefes Verständnis der institutionellen Entwicklung unserer Gesellschaften.


Riche d’une double culture germanique et anglo-saxonne, refusant de se spécialiser dans une des branches classiques des sciences politiques, Carl Joachim Friedrich (1901-1984) est le type même de l’esprit savant, érudit, synthétique et passionné. Pendant toute sa longue vie de chercheur, sur presque quarante ans et dans une conjoncture historique déterminante, il explore les différentes expériences politiques réalisées par la société humaine. Variant à la fois les sujets, les types d’approche et les périodes qu’il étudie, il dirige constamment son attention vers un même point focal : l’explicitation de la démocratie constitutionnelle moderne, pour laquelle il n’utilise pas la notion de nouvelle forme de société, mais dont il sent, de façon prégnante, la rupture qu’elle introduit dans l’histoire de l’institution politique. Il renouvelle son champ d’expertise en revenant sur le moment charnière du basculement, dans l’Europe occidentale des XVIe-XVIIe siècles, où les cadres politiques médiévaux se défont pour engendrer la forme moderne de la République.

La pensée de Carl Friedrich n’est cependant pas seulement digne d’intérêt du fait de l’ampleur de son champ d’expertise. Sa méthode démarquera aussi ses recherches des études classiques sur ces mêmes thèmes : il s’attache aux processus qui travaillent en profondeur les sociétés politiques, et non aux distinctions fixes et rigides qui peuvent être données de leurs institutions. Il veut saisir une dynamique en train de se faire, comme un principe dont on ne verrait que les manifestations. Son approche visera invariablement à souligner les champs relationnels des différents acteurs sociopolitiques, les tensions qui peuvent les animer, les faciliter ou les rompre. Mais l’institution politique avait besoin d’un autre outil pour être cernée dans son devenir. Au fil de son travail comparatif, Friedrich élaborera le concept permettant de dépasser l’obstacle opposé à l’analyse par la forme politique de l’État souverain : pour rendre compte de l’évolution des institutions, il forgera la notion de processus de fédération. Le problème politique central de la modernité étant de savoir comment concilier l’ordre constitutionnel et l’autonomie individuelle, la place s’ouvrait naturellement pour une exploration des possibles du champ relationnel tel qu’initié par la forme de l’État fédéral, qu’il explore dans ses premiers travaux, et que l’on verra se réinscrire progressivement dans la dynamique plus vaste du processus de fédéralisation, comme un moment entre les deux extrêmes de l’État unitaire et de la ligue. La notion de tendance, de processus de fédéralisation, et les moyens intellectuels pour les saisir étaient construits, dont nous allons ici reprendre les éléments essentiels.

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